"Humour / Portraits"
Nicolas BOUTRUCHE :
Apesanteur
   
" Un jour la Terre a tourné plus vite, beaucoup, beaucoup plus vite...
Si vite que la force centrifuge a annulé toute pesanteur…"

…et tout à pris de la hauteur. L’enfance, l’insouciance, la gaieté, les rires et les rêves que l’on a perdus, ces moments de jeu dont on cherche le souvenir… J’ai voulu me rappeler de ces images qui m’ont fait sourire et transformer la réalité trop banale ou encore trop lointaine, ces images qui illustraient bien des mystères et déguisaient l’ennui en comédie.

Un peu de mise en scène, un peu de recherche, on goûte, on s’interroge, on transcende…
…et si le regard n’était que fantaisie?
Toutes mes excuses à Isaac Newton
MALO : Le quotidien d’un homme invisible

"C’est le petit garçon dont vous avez oublié le nom et le visage, bien que vous ayez été dans la même classe que lui pendant cinq ans. Devenu grand, il traverse les rues et la vie sans jamais impressionner les rétines des passants. Tous passent sans le voir, pour son plus grand bonheur, car sa seule crainte est de ne pas passer inaperçu.

Il partage l’opinion de
tous ses interlocuteurs, de peur de leur déplaire. À
l’instar des cobayes du sociologue américain
Milgram, il serait prêt à infliger des décharges électriques
létales à des inconnus coupables de ne pas répondre
correctement aux questions d’un test imaginaire, non par
sadisme, juste pour ne pas désobéir aux ordres… Car notre
homme n’a qu’un seul but : s’intégrer à tout prix dans une
société à son image, où tous les êtres se ressemblent au
point de s’effacer.

Il possède tous les signes extérieurs de la réussite : une
grosse voiture, des costumes de marque, une belle maison et
une femme ravissante, accessoire ultime et indispensable de
sa panoplie, qu’il honore par devoir, avec l’entrain que
d’autres mettent à se brosser les dents.
Prenez garde. Si un matin, en vous rasant, votre reflet
n’apparaît plus dans le miroir, sachez que vous serez devenu
cet homme invisible. Et la terreur n’a pas de visage…
Brice Moulin"
Sylvie ROCHE : Les 80 ans de ma mère

Associant artistes de tous horizons (musiciens, comédiens, photographes) le projet repose sur une réflexion autour de la vieillesse en associant le plus possible les personnes concernées. Extrait du projet :
Nous avons essayé de mettre en place une fiction collective en plusieurs volets, avec des personnes âgées volontaires résidant en milieu rural de manière à mettre en exergue le potentiel et la richesse créative des personnes âgées et la chance que nous avons de les avoir sans oublier que : « Dans la vie, il y a toujours plus de vieux que de jeunes parce qu'un jour tous les jeunes ils deviennent vieux...» (Paroles d'enfant)
Sylvie ROCHE est professeur d'arts plastique à
Nevers et travaille depuis longtemps la photographie.
Son univers très poétique où son regard amusé se porte
volontiers sur les « petits bonheurs » apporte un souffle
frais d'humanité. Décalage, humour, souci du détail, goût
pour les textures, les couleurs, Sylvie ROCHE offre à notre
regard des images qui peuvent paraître délirantes mais
toujours reliées à des choses simples (du papier, des pommes
de terre, des nuages).
Son exposition autour du projet « Les 80 ans de ma
mère » reflète bien cette envie de partage avec l'autre (le
modèle, le spectateur). Les images sont le fruit d'une
collaboration étroite entre l'artiste et les modèles qui ont
« joué le jeu » le temps de la photo pour rendre visible une
partie de leur vie (passée ou présente).
A l'issue de la série, on a envie de s'arrêter discuter avec
ces « petits vieux » sympathiques qui semblent s'amuser de
la vie. On voudrait tous avoir une photo de nos grands
parents prise par Sylvie ROCHE, mais on ne prend jamais le
temps... Heureusement, Sylvie l'a pris pour nous et nous
présente 20 images drôles, émouvantes, originales qui nous
rappellent combien nos anciens peuvent nous surprendre.
"Lundi je suis allé voir ma mère qui vit seule. Elle n'allait pas trop mal. Le cœur allait bien. Elle m'a parlé de son traitement, de ses douleurs, de son jardin de son chat... Elle m'a demandé si je voulais manger. Je n'ai pas pu rester très longtemps. Comme toujours, j'avais tant à faire..."
(Ivan Charabara / récits d'un illettré)







